Le Coeur Funambule

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samedi 22 mai 2021

Opéra



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(Acrylique sur toile 41 x 33)


Nuit de terre balayée par la vague

Quelques étoiles

Creusent des encoches sur la pénombre

 

Sur les lèvres d’un arc-en-ciel

Sur les poussières d’un chant de ciel

Une mantille battant la brume

Sous la moiteur de l’étoffe

Sous le satin d’une jambe nue

Broder nos souffles sur la nuit

 

Les dunes s’arrondissent sous les baisers du vent

La lune a oublié de nous livrer le printemps

Les épines de froid saignent le soleil

Au couchant quand s’endort l'horizon

 

Renouer ces larmes de mer

Où s’abreuvent les migrateurs

Les nuages se drapent de rose

Sur les rochers découverts

Tintent les ruisseaux de sel

 

Dans ce désir que le monde bouge

Je t’évade aux fenêtres ouvertes

Je t’emporte aux planches d’une scène

Ton grain de peau sur le grain du papier

 

Au vacillement des marées

Toutes les notes de ton corps

Chantent aux marges de mes mots

Un opéra de lumière


jeudi 6 mai 2021

Mai



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(Acrylique sur toile (92 x 73)


Allez viens

Partager ce moment où le ciel touche terre

Juste avant de doucement s’éteindre

Pour la soif de nos prunelles

Ne restent que rares lueurs au brasier de la mer

Déshabillée de ses parures d’ocres et de rouges

Le vent du soir souffle des silences sur nos épaules

Apaise la cicatrice de l’horizon

 

La chanson des mains

La conque de tes hanches

La soie de tes jambes

A la coda des mois de mai

 

Au canevas des souvenirs

L’aiguille aiguise une histoire

 

D’abord l’écran des écrits

Plus tard nos voix mouillées de questions

De tant de chemins tracés du bout des doigts

Au givre des fenêtres noyées d’hiver

Nous avons construit le rêve d’une route

Dans l’euphorie des cerisiers

Afin que la distance s’efface

Et qu’enfin s’enivrent

Les regards et les murmures

 

Apprivoiser l’instant au livre des courtes heures

Dans l’oscillation de la digue renaître à la lumière

Un préambule de peau comme un premier chapitre

Notre barque en dérive semant d’encre la jetée

Tant de mots dévorés pour une première page

Aux abords de la rive le souffle coupé

Le virevolte de nos vies sous les yeux de mai

 

Nouer dénouer les lignes sur la feuille

Du nectar de ce premier voyage faire source

Pour la curiosité des doigts à glisser sous l’étreinte

Il me reste tant à lire

Sur l’île de ton ventre


dimanche 18 avril 2021

Cavatine



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Comme l’eau d’une rivière

Les mots me traversent m’empoignent

Roulent de mon souffle à la feuille

Fanchons coupant les brumes

Quand le soir s’étend sur les cendres de l’horizon

 

Le crépuscule dévore la mer

Le ciel galope vers les étoiles

Un refrain d’écume

Epouse la danse des rochers

 

La balafre noire qui ceint des hanches

Incendie l’ourlet du chenal

La soie du printemps

S’effile au vent du nord

Dans la ramure des lunes d’avril

 

Au cœur du grand arroi de nuages

S’épand une déchirure de lumière

Au sanglot des marées s’ouvre

L’intime couture de ta vague


samedi 10 avril 2021

Bourgeons



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Tu sais

Quand les mots s’éparpillent sur la toile

Que mes marges sont floues

Le soleil revient

Sur une autre page du carnet

 

A la frange des heures

J’arpente les lignes

Dans les bras du vent

Entends-tu le chant des oiseaux

Au soir assis sur l’horizon

La lune caresse le rocher

 

Dans la froissure des draps

L’empreinte d’un rêve en allé

Sur les épaules de l’aube à peine née

Le rouge-gorge chante déjà


vendredi 12 mars 2021

Berges



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En chaque pas de mer

Avance l’éveil d’un souvenir

Pour l’appétit des mots

 

En chaque pas de mer

Il faut s’abreuver

A l’insolence des marées

 

Revenir

Plus encore imprégné de mots

Epeler les couleurs du silence

 

Dans la brisure d’un rêve

Un éclat de mémoire

Deux pièces d’étoffe blanche sur ta peau brune

Un chagrin du temps à jamais évanescent

Pour la soif des paupières

 

Double croche sur la portée

Des musiques remontent nos mémoires

Comme un fleuve

Dont les rives se seraient éloignées

 

Images surgies

Des flocons de l’écume

Fulgurances légères

Un feulement d’ailes sur le silence de la toile

Ta voix résonne parfois au dos de mes couleurs

Portes ouvertes au verso des années

 

Poésie ce refrain de ciel à la vague des heures de jeunesse

Dans l’oblique d’une vie à inventer

Sentier nu qui sera le parchemin où j’écrirai

 

Parce que le corps s’est avancé et le pas devenu si léger au sablier des paupières

L’encre dévore le papier

Après la dérive des années creuses

Est venue celle qui habille mes battements de cœur

 

Elle est venue

M’évader du temps qui s’efface

Repousser les berges des pages à noircir sans fin

Se blottir dans la conque du poème

Fardée de perles de mémoire

 

Le couteau sur le lin

Aiguise les pigments

Et dans l’errance des mélanges

Réveille les souvenirs


mardi 9 mars 2021

Brasiers



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Acrylique sur toile 50x70



Le soir descend et c'est encore l'hiver
Juste un élan de froid qui brûle au revers d'une larme
Le rêve habité d'un instant imaginaire
Juste une toile et tu me prêterais ton épaule

Tu es de ces empreintes que l'on garde
Ces marques infidèles mais précieuses
Estampille frêle sur l’étang de la mémoire
Que seul mon pinceau apprivoise parfois
Sur l’aube des frontières à effacer
Au filigrane du temps qui oublie d’oublier

Je me souviens de l’éclat d’un printemps
Niché sous les plis de ta jupe noire
Je me souviens de l’essence d’un printemps
De ta nuque par l’emprise du soleil effleurée

Déjà nous parlions les langues de la mer
Douce élégie habillée de chants d’oiseaux
Un seul vol un seul pas fragile mouvement
Tremblante migration des peaux vers le toucher

Encrer l'instant au nuancier du silence
Les mains noyées de braises
Un friselis à l’épissure des souffles
Ligne de fuite drapée de brume

Houle la rondeur des mots
Tissés sur la soif des sens
Chavire la vague de tes hanches
S’ouvre le ciel au ruisseau de ton ventre


mercredi 3 mars 2021

Cadence



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(acrylique sur carton entoilé 24x35)



Allez viens
Là-bas
Partager l’asile de nos regards

Dans une douce frange du temps plonger
Vers cette nouvelle saison avide de lumière
Incises d’écume ouvertes sur le flanc des vagues
La cantilène des oiseaux de mer délaye la farine des brumes
Les nuages décousent leurs racines
Tout au cœur du bleu
Le vent ne siffle plus
Son souffle se fait danse
Pour ces essaims de vert aux cimes des futaies

Allez viens
Là-bas
Le ciel porte la mer vers nos bras

Mains lavées de lumière
Bondir par-dessus le soir
Tirant sur la corde du jour
Dans l’illusion de voir s’élever la nuit

A perte de sable nouer nos pas d’argile
J’ai ta fièvre en abîme, le pinceau à ta proue
A l’orée des désirs le ballet des marées
Le nu de ta peau au lit de la mer

 

dimanche 7 février 2021

Incendie



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Dans l’abstraction des jours
Dénouer les mailles de ce ciel de coton
Déposer sur le paysage les derniers effluves d’un rêve

Juste le temps d’ouvrir les yeux
Juste le temps de regarder la mer
Juste le temps d’un soleil d’hiver
Ta main multiplie la mienne

Je me souviens
J’ai aimé dès cet instant la rumeur de ton pas sur le sable
T'emmener là au creux de la cédille
Au balbutiement des heures
Naviguer sur ce crépuscule qui s’éteint au basculement de la marée

Viens

Viens danser sur mes paupières
Je veux encore tes jambes découvertes
Ta peau nue à deviner à chaque marche de pierre
Je veux boire l'écume de ton détroit
Au calice des voyelles sur les épaules d'un poème

Viens

Vaciller nos regards au réveil des oiseaux
Au bourgeon de ton sein la huppe du vanneau
J’empreinte ta peau sur mes chemins sans rimes
J’arpente ton souffle des lèvres à la cyme

Les rives du printemps sont en approche
Le remous des saisons sur le courant
Conte l’audace des ricochets
Le tumulte des nues se déshabille de vent


vendredi 29 janvier 2021

Nowhere



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Juste ce sentier porteur de lumière
Dans le désert de ces heures effarées
Vers le couchant cette nuit aux aguets
Son échine douce qui serpente aux reins du chaos

Dans les battements du silence
Des rives de couleurs irriguent l’horizon
Tournoient jaillissent éploient leurs écharpes
Sur les épaules blanches du vent

Sous les échardes hypnotiques des étoiles
Plonger au profond des gris glissant vers la clarté
Fulgurantes rafales salines
Le sable feule sous les pas

Festons de nuages tendus sur l'éther
Brodés de pourpre sur le chemin des ombres
La houle déchire l’enclos des brisants
La brise pousse ton esquif vers ma berge

Les vagues chaloupent et du rocher font l’entour
Pour mieux apprendre du ciel sa conjugaison des bleus
Au revers du paysage s’allonger dans les destins des marées
Nous n’avons de rivage que nos regards
Et nos hanches soudées qui accostent au jusant

samedi 23 janvier 2021

Amarres



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Tu sais
Ces jours d’hiver quand le gris semble couler du profond des regards
Le ciel délavé tient lieu de toile vierge
Quelques couleurs pour faire danser les bateaux
Les semailles de frissons couvrent la peau de la mer

Tes gestes se délient
Sur la lumière de janvier
La vague épelle les heures
Sur l’écume de tes hanches

Poser les mots là
Sous les plumes de l’aigrette
Frisure du vent sur le sable
Un pâle soleil pétrit les nuances du couchant


Plage froissée de lambeaux de brume sous les bouquets d’embruns
Un nouveau jour s’efface sous les épaules de l’horizon
Ne reste qu’un chiffon d’azur sombre et le ventre blanc de l’oiseau
Ta peau nue qui m’évade à contre-nuit


Tu sais
Quand les mots de ton regard viennent rejoindre la robe du papier
J'arrime mes souffles aux marées de tes lèvres
J'ai des voix en écho qui conjuguent mes marges
J'explore mes errances et les habille de soie
Un torrent de lune vient maquiller mes nuits
Un tendre éclat de toi se pose entre lettres et pinceaux
Mes chemins trottinent aux crêtes des nuages
Vers l'infini d'une source à naître sous l'archet de nos dérives

dimanche 3 janvier 2021

Clouds



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Viens
Là-bas se lève un autre jour
Au-delà de l’hiver
Baigné d’une autre lumière
Allégé des chagrins d’hier

Sous la caresse d’un regard
Le pont ouvre ses arches au chant de la mer
Les fanons d’écume faseyent sous le vent
Je peins mes silences sur la toile du ciel

Juste réveiller l’incandescence des souffles
Sur la danse trouble des marées
Rêver le rouge aux hanches du couchant
Et la lande nue ponctuée de moutons

Les doigts dénouent les lettres
Le parfum du mot referme la plaie

Tout au bout du jour
Reviendront-ils les absents de l’errance
Reviendront-ils sur nos chemins de papillons

La mer ne veut pas finir
L’autour doucement s’étire
Sous mes mains la vague de ton ventre

Tu sais
Parce que la lune s’est emparée de nos ombres inclinées
J’ai de ton regard embrassé toutes les brumes

La plage est plus blanche que le soleil
Le chant de la houle ondoie
Au loin battent les tambours de cette marée qui tangue
Dans cet endroit nu où les oiseaux appellent la mer


dimanche 6 décembre 2020

Voltige


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Demain,

Il faudra la saveur crépitante des colères de lune, le souffle des lumières qui se noient à l'envers, les courses muettes des rues sous les pieds et aussi la mer au près, les dunes sans ponctuation, et le bleu partout.

Retrouver l'horizon oublié au vent qui déshabille tes jambes, sous le soleil râpeux d'un réverbère bandé d'étoiles.

Frimas, croire que l’on ne s’y habitue pas et qu’il nous reste quand même une petite île quelque part. Ces liens dans ma marge, des lettres, des lignes et de l’encre.

Si la feuille a tout dit, que racontent les racines de tes fleurs dans la nuit?

Il me suffit sur tes lèvres assoiffées d’être goutte d’eau.

Suivre tes pas, car au bout de la rue s'ouvre le ciel.

 

Sur les déchirures du temps qui s'enfuit, j’accroche des couleurs sur les virgules des saisons. Mais novembre est passé, et les bleus se sont teintés de gris aux rives de nos jours brumeux.

Vers la mer, sentier de folles herbes et la danse de ton pas ; sans autre poids que celui de nos sacs emplis de nos mots, de nos chagrins, nous marchons vers le chant des marées.  Nous avons tout à apprendre de la mer immense et des tourbillons d’écume.

J’écris comme quand les nuits s’amoncellent au dos des collines mouvantes de cette mer qui nous étreint.

Marchant à mes côtés, à la marge de chapitres, tu es celle qui écoute, qui éponge les peines, ton chant de jeunesse aux rides de mes mains pioche les peines aux poches de nos manteaux pour les éparpiller au vent d’hiver.

 

Dans le tumulte des mains, il reste à dénouer les arpèges d’horizon, à éplucher l’écorce des mots sous la valse lente de tes hanches. Le brouillard ne dit rien des rivages oubliés. Les couleurs tournent la page, au loin, au-delà des errances, sur l’imaginaire sentier de nos embruns salés.


vendredi 30 octobre 2020

Sémaphore



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Billes de pluie
Sur les feuilles teintées d’automne
Mascaret d’émotions
Sur la vague des vents

Une échancrure de lumière
Dans cette vallée de nuages
Au ventre du ciel
Se dénoue le manteau du soleil

Au rouge du sémaphore
Consentir à la dérive
À la jonction des mots
Des arcs-en-ciel se faufilent

Sous l’incendie de la mer
S’ouvre l’opéra de la nuit
L’Aria de tes jambes
Baignées d’écume marine

Le rouge de tes joues rayonne
Sur l’île de draps froissés

vendredi 14 août 2020

Echeveaux



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Sur les lèvres du jour
Fouiller l’enfourchure des vents
Quelques perles de mer glissées là
Au delta de ta gorge            

Furtif
Cet éclat de vert sur l’eau du temps
Reflet précieux au clair de ton regard

Les algues gantent les rochers
Dans l’épuisement de la lumière
Lisser leur empaumure
Jusqu’au jaillissement des étoiles

Entre les cimes blanches des vagues
La danse rouge du soleil
Dernier baiser du crépuscule
Et ce parfum de sel sur ta peau

Les ombres se cambrent au couplet de tes hanches
Robe d’écume en neige sur tes jambes nues
Les brumes se dérobent au flambeau de nos souffles
Le rouge aux joues fiché au cœur du couchant

Regarde le vent
Ecoute le soleil
Chante ce silence qui enlace l’été

Le fanal dessine le sourire de la nuit
Aux méandres des courants se perdent les embruns
Frisson d’éphémère sur le rideau du ciel
Sous l’écorce des dunes le souvenir de nos pas

Tisser les couleurs sur le chiffon de nos mains
Des brisants recueillir la moisson des marées
Sur l’inclinaison des heures glisser
D’étreinte en embrasement vers le bleu

lundi 8 juin 2020

Chorale


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Du point du jour aux confins du crépuscule
Ecrire
Le paysage de ta peau quand tu t’habilles de nuit

Un frisson de mer
Sur l’écume de nos rêves
Module sa symphonie aux arpèges du ressac
Le sommeil des rochers s’étonne d’étoiles

Loin des attaches de l’errance
Se découd le temps aux épaules du voyageur
Là-bas
Sous les paupières de l’île
Le bleu caresse la chorale de nos souffles

L’éclair de tes yeux naufrage le ballet des nuages
Je ne veux de toi que ce ruisseau d’éphémère
Le ciel de ton ventre en horizon d’aquarelle

J’écoute ta lumière
Poser sur les lèvres du vent
Le grain sucré des couleurs

Les entrechats des aigrettes
Inspire la dentelle de la vague
Du chagrin des marées je déshabillerai ce printemps


jeudi 21 mai 2020

Funambule



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Caresser l’écorce du temps pour mieux s'émouvoir

Viens
Aux marges de l’écrit sur l’ardoise du ciel
De l’autre côté de la parole
Où les mots s’embrassent sur les lèvres

Au loin vives lumières couchées sous le vent
Embrasent l’écume des couleurs du plaisir
Allons retrouver là-bas les échassiers blancs
Leurs envolées sauvages sur le jour qui expire

Eboulis de nuages posés sur l’horizon
En un froissement de ciel
La nuit s’est invitée au festin des couleurs
Juste un soir de mai au refrain des marées

Le temps que le temps se déleste de ses secondes
Que la vague habille de dentelles les rochers
L’ardente présence de ta peau
Ouvre les portes du désir

Caresser le silence
En faire naître une langue neuve
Ton éclat singulier éclaire nos pas

Une brassée d'ombre plus tard
Aux rubans des pages affamées
Ces bonheurs à respirer

Tresser la toile pour ces instants que le vent fait danser

Ta fièvre en abîme
Le pinceau à ta chair
Aux mots froissés du livre ouvert
Je drape ton regard aux plages de satin
La lune en corolle ourle tes paupières.

Puis

Dans la conque du crépuscule nous avons plongé
Nous sommes rentrés des brumes pour broder des aiguilles au clocher

Alors

C’est un autre ailleurs à inventer
Du creux de mes rides au souffle de tes reins
Un sentier écrit aux marges de tes hanches
Incrusté sur l’écume du tableau 

Presque rien
Ta pluie et tes lisières à parcourir
Sur l’inversion des heures
Chaque pas nous avance là où dansent les grains du sablier

Toujours
Je peins des fenêtres sur la toile pour te regarder vivre


dimanche 19 avril 2020

Etoffe



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Aux bras des arbres dansent les robes des oiseaux

Juste un silence
Serti de bleu

Le poème de tes lèvres
Au sucre du printemps
M’évade de ces jours sans coquille

Ces saisons à écouter
Les confidences des marées
Reviendrons-nous cueillir l'écume
Au refrain des vergers

Allez viens
La chair de ta voix sur mes feuilles froissées
Remonter la nuit posée comme un manteau sur la mer
Le tonnerre roule sur tes hanches

Sur l’instant rompu de ciel
Mains ouvertes sur la lune
Dénudée d’étoiles

Allez viens
En voyage de peaux
Graver le désir
Sur l’écorce des heures

Sous les doigts du vent qui enlacent ta liesse
Les grappes des lilas embaument nos errances
Tout me parle de toi
Du chaos des brisants au chant du cormoran
De la source de l'aube au sommeil des rochers

Une éternité à broder les embruns 
Maille après maille découdre le paysage

Tout emporter aux fenêtres ouvertes
Tout évader aux rivages interdits
Sur l’incendie de tes jambes
Embarquer à la stupeur de tes reins


lundi 13 avril 2020

Ricochets



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Aux tempes du ciel
Les battements de mer
Sur l’instant dévêtu
Nos regards se feutrent de brume

Ces éclats de soleil brûlant comme des éclats de vivre
Le silence habillé du chant des mésanges
Ta bouche dessine nos nouveaux mondes
Tout au creux de la paume des nuits

Voile de soie tendu
Sur les lèvres du jour
Les oiseaux sous ma poitrine chantent
Le murmure de ta vague

Boire à la source des sentiers
Cheviller nos souffles aux herbes folles
Recoudre nos peaux déchirées
Aux marges des marées

Déployer le rêve
Au-delà du vertige
Embraser les orages
Dénouer l’horizon

Demain
Ce flot de bleu sur nos mains


lundi 23 mars 2020

Pictures of You



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La bohème des mots au sillon de tes reins

Dépendre l’hiver des mailles du ciel
Attendre que s’ébroue enfin
Le printemps qui s’élance en bourgeons

Ces ombres en courbes douces sur ta peau
Ces murmures en feuillage de nuit
Toi mon essentielle

Contre l’immobilité du geste
De ce temps engourdi
A la racine des peurs

Tremblement de ciel
Sur les épaules de l’aube
Le souffle du bleu

A contre-jour de l’instant
Ouvrir les portes
Des sensations

Epuiser les couleurs
Avec du blanc je fais du rouge
Ou des mots

Hier je ne sais plus
Demain je ne sais pas
Sauf tout, sauf Toi

mardi 14 janvier 2020

Etrave



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