11052014




Sur les papiers de la mémoire, je t’ai inventée.

D’où me viens-tu ? Où suis-je allé te chercher ?

Tu es ce regard croisé dans l’infini des brumes de mer
Là-bas, au loin, sur la crête des vagues 
Là-bas, au loin, sous ces voiles où je te fais voguer

Tu as eu ce mouvement de hanches en te retournant
Tu ne savais pas encore qui j’étais
Ce n’était qu’un pas et la toile s’est transformée
Ce n’était qu’un pas mais tu existais.

Tu es venue mouiller sur mon chemin de couleurs
C’était il y a longtemps, tu ne m’existais pas.

Si mes mots se déshabillent de tes silences
C’est pour attendre l’été et défroisser les cieux

Je n’attends rien
Ni la page où tu entreras dans la danse
Ni mes demain pour les chagrins


Je chapitre les hasards
Au clair de ton regard
Tu étais là, tu l’ignorais c’est tout.

Si tu ne viens pas, si s’égarent les rendez-vous
Dans cet abandon qui tangue, je reconnaîtrai ton pas

Dans ma marge j’ai posé tes yeux car ils ne trichent pas.
J’écris pour les lèvres ouvertes et le sourire au paradis de l’instant
Sur l’esquive du temps
J’écris des arpèges de peau nue
Et cette mer où l’on ne va qu’en rêvant

Je chuchote aux préambules
Sur la ponctuation des nuits

Tu me reviens de là, du plus lointain des abandons
De quand la mer me divague,

Sur la marée des mots
Déposer
Nos yeux étincelés

Accrocher, décrocher ces paysages à nos cils.