30052014



Froissements de satin au ciel de mai
L’aile de la nuit dérobe le soir immense

La chambre nue s’habille des copeaux de ton regard
Le printemps de tes yeux verts me dit qu’il est bien tard
Sous le tulle de ces murmures s'ouvre le bal des mots
Dans la lenteur aveuglante des voyages de peaux

Je t’ai rêvée depuis les fruits de ton jardin
Depuis la clameur rieuse sous tes paupières
Je t’ai écrite dans l’insomnie de nos rivières
Pour que tu bruisses d’encre au reflet des matins.

Je signe le jour aux courbures de mes rides
Je te déshabille de noir au serment du papier
Ce drap de mer brune échoué sur l’oreiller
Parfume de danse nos racines liquides.

Viens, sur l’imaginaire sentier de mes embruns salés
J’ai les mots en pagaille au refrain de mes nuits
Je t’invente des couleurs pour mon temps qui s’enfuit
Je t’invente des rimes au destin des marées.

Monter, descendre la mémoire des rochers.