Organdi




Un enchevêtrement d’instants nus
Posés là,  dans le lit du vent,
A la lisière du jour qui balance.
Comme un soleil ébloui.

Je te regarde disparaître
Au sein des brumes épicées
Ton grain de peau sur le grain du papier


Cette poésie d’organdi tombée sur tes épaules,
Une éternité à broder les falaises 

Au drap froissé de tes murmures en voyage.
Je mendie tes yeux pour border les marées, 
Je mendie tes doigts pour découdre le paysage.
Je déshabille l’espace le temps d’une écriture,
J’engloutis tes silences au rire de mes fantômes endormis.


Je t’emporte aux fenêtres ouvertes,
Je t’évade aux rideaux d’une scène,
Bribes de nos errances sur l’incendie de tes jambes.
Un chiffon de rouge à la stupeur de tes reins

Demain soleil,
Sur les lèvres d'un rendez-vous
Sur les poussières d’un chant de ciel
Sous le coton d’un ventre doux

J’essoufflerai l’azur jusqu’au refuge de ma mélancolie.