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Tu sais
Ces jours d’hiver quand le gris semble couler du profond des regards
Le ciel délavé tient lieu de toile vierge
Quelques couleurs pour faire danser les bateaux
Les semailles de frissons couvrent la peau de la mer

Tes gestes se délient
Sur la lumière de janvier
La vague épelle les heures
Sur l’écume de tes hanches

Poser les mots là
Sous les plumes de l’aigrette
Frisure du vent sur le sable
Un pâle soleil pétrit les nuances du couchant


Plage froissée de lambeaux de brume sous les bouquets d’embruns
Un nouveau jour s’efface sous les épaules de l’horizon
Ne reste qu’un chiffon d’azur sombre et le ventre blanc de l’oiseau
Ta peau nue qui m’évade à contre-nuit


Tu sais
Quand les mots de ton regard viennent rejoindre la robe du papier
J'arrime mes souffles aux marées de tes lèvres
J'ai des voix en écho qui conjuguent mes marges
J'explore mes errances et les habille de soie
Un torrent de lune vient maquiller mes nuits
Un tendre éclat de toi se pose entre lettres et pinceaux
Mes chemins trottinent aux crêtes des nuages
Vers l'infini d'une source à naître sous l'archet de nos dérives