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Demain,

Il faudra la saveur crépitante des colères de lune, le souffle des lumières qui se noient à l'envers, les courses muettes des rues sous les pieds et aussi la mer au près, les dunes sans ponctuation, et le bleu partout.

Retrouver l'horizon oublié au vent qui déshabille tes jambes, sous le soleil râpeux d'un réverbère bandé d'étoiles.

Frimas, croire que l’on ne s’y habitue pas et qu’il nous reste quand même une petite île quelque part. Ces liens dans ma marge, des lettres, des lignes et de l’encre.

Si la feuille a tout dit, que racontent les racines de tes fleurs dans la nuit?

Il me suffit sur tes lèvres assoiffées d’être goutte d’eau.

Suivre tes pas, car au bout de la rue s'ouvre le ciel.

 

Sur les déchirures du temps qui s'enfuit, j’accroche des couleurs sur les virgules des saisons. Mais novembre est passé, et les bleus se sont teintés de gris aux rives de nos jours brumeux.

Vers la mer, sentier de folles herbes et la danse de ton pas ; sans autre poids que celui de nos sacs emplis de nos mots, de nos chagrins, nous marchons vers le chant des marées.  Nous avons tout à apprendre de la mer immense et des tourbillons d’écume.

J’écris comme quand les nuits s’amoncellent au dos des collines mouvantes de cette mer qui nous étreint.

Marchant à mes côtés, à la marge de chapitres, tu es celle qui écoute, qui éponge les peines, ton chant de jeunesse aux rides de mes mains pioche les peines aux poches de nos manteaux pour les éparpiller au vent d’hiver.

 

Dans le tumulte des mains, il reste à dénouer les arpèges d’horizon, à éplucher l’écorce des mots sous la valse lente de tes hanches. Le brouillard ne dit rien des rivages oubliés. Les couleurs tournent la page, au loin, au-delà des errances, sur l’imaginaire sentier de nos embruns salés.