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Presque tout

En ces jours plus maigres que les nuits
Ciseler l’instant à en déchirer le ciel
Sous les coutures du ventre des nuages
Deviner la brisure d’un rivage

Lente transhumance des paupières
De l’ombre vers le bleu
Les couleurs nourrissent les errances
Couronnées des souvenirs de demain

Au reflet des rêves
Une mer en parchemin
Presque rien
Un baiser d’hiver

Presque tout
Ces fils d’eau que tisse le matin
Un cocon de lumière pâle sur la soie du chemin
Sous les ailes du regard soudain
Le chant d’une sittelle

Presque rien
A peine quelques frissons du temps
Et des fagots de vent à faire danser l’écume
A soulever l’ombre sur les prairies humides
Presque rien
Le sourire d’un courant d’air

Presque tout
Le soir qui chante le rouge
Ta peau nue pour nos éclats de vivre
Et la mer là-bas
Qui nous attend