Le Coeur Funambule

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mardi 23 août 2022

Lagunes



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Acrylique sur toile (50x50)

La nuit en écharpe sur les épaules
J’écoute
Le cri de la vague aux ramures du rocher
Loin
Bien loin
Des paysages de lacunes de la cité

La nuit en parfum sur tes hanches
Je me chausse de tes pas d’oiseau
Une envolée d’étoiles
Au ciel dénudé

Apprendre à tout rêver

Boire le crépuscule aux lèvres des marées

Doigts noués dans la glaise d’un murmure
Souffler les braises des pierres
Au cœur
Du froissement d’un silence

L’orbe rouge du soleil plonge vers la mer
Tôt
De plus en plus
La nuit grignote la lumière




lundi 28 mars 2022

Blackbird



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(Acrylique sur toile (61 x 48)



Sur la fatigue des pierres

S’embrase le printemps

Onduler nos pas

Sous les crocs de l’oubli

 

La cendre des vertiges

Chavire la marée

Sous nos ombres renversées

 

Ces embrassées de brumes aux clameurs étouffées

Sculptent l’horizon froissé sous l’écume

Aux veines des rochers

Papillonnent les embruns de l’aube

 

En dérive de couleurs

Les lettres mordent les marges

Tes gestes nus effeuillent mes heures

Cueillir sur ta peau

L'étreinte du jour naissant

 

Tangue le couteau

Au coton de la toile

Déraciner l’instant

Pour la chute du ciel

Tombé en nuit

vendredi 18 février 2022

Effilage




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Acrylique sur toile (60 x 40)


Ces larmes de brumes dans les yeux gris du ciel

Eraflures de pluie aux fenêtres

Ces heures à ravauder

Les cendres des nuages

 

Comme une eau la toile me traverse

Et pour un instant me prête ses couleurs

Dans l'échancrure bleue de ces lueurs

Les pavés du port attendent l’averse

 

Bientôt retrouver la mélodie du vent

Le galop des vagues

Qui au soir

Font incendie de la mer

 

De mes feuilles pliées à la couture de tes cils

Je lève le grain sans trêve

Au verger de papier

Je cueille ton fruit

Sous la chemise ouverte de la nuit



vendredi 7 janvier 2022

Epiphanie



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Acrylique sur toile (50x50)



Une éclaircie de couleurs

Avant que le soleil ne tombe

Dans la turbulence des jours

Chevaucher un rêve plus grand

A la croupe des orages

 

Ecouter les parfums de l’instant

Juste nos pas gravés sur l’estran

Derrière nos paupières de papier

Palpitent les premiers émois des peaux

 

Ces heures à broder les nuages

A dévider les pelotes de pluie

L’hiver repose dans les branches

Sous des mantilles de givre

Déjà, sous les teintes de la toile

Le bleu rêve aux premiers bourgeons

 

Et pour nos nuits à blanchir

Epeler le silence de nos doigts

Sous les dentelles de l’ombre

Tes seins plus légers que la plume de l’oiseau



jeudi 9 décembre 2021

Ceindre



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(Acrylique sur toile 50x70)

Tous ces grains de gris

S’égouttent de pluie

Pourtant

Même si l’horizon se fissure

Sous les coups de l’hiver

Ecrire

Quelques touches de rouge

Posées sur la lèvre du jour

Une traversée de lumière

Aux ailes des passereaux

 

Pour la patience

Du lent demain

Une échappée d’étincelles

Au ventre du matin

 

A l’embouchure de ton regard

L’anse brode ses dentelles

Le vent souffle l’instant

Tisse des sentiers de sable

Aux branches des embruns

Quelques notes d’écume

Ceignent les hanches du port


mercredi 10 novembre 2021

Glaner



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(Acrylique sur toile 73x92)


Juste ces musiques qui dansent

Sous les altérations du papier

 

Nettoyer le ciel au seuil du jour

Aux lèvres

La saveur d’une brume de mauve dans le verre de l’aube

La lumière dévide l’échelle des ombres maille après maille

Les mots sur la page mûrissent aux branches des doigts

 

Les pinceaux s’aiguisent aux vents de novembre

Couper le ciel en bleu sur la toile

Sur l’envers des courants d’air

Tendre les cordages de nos souffles

 

Ce feulement d’ocre peint sur le ressac

Mordre aux éclats les brisures d'écume

Les fagots de lumière décousus de l’automne

Dévident le fuseau des futurs à glaner


dimanche 26 septembre 2021

Marées



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(acrylique sur toile (50x40 cms)


Si l’arbre se tait

Qui contera le monde aux oiseaux ?

 

Pour l’éblouissement des ombres

Sur la portée des ravines

Devenir désert au bras des oasis

Et s’asseoir aux terrasses des brumes

 

Mot à mot sur l’écorce du poème

Voyager des racines aux feuilles

Recueillir la lumière

Sur les lèvres du ciel

 

Suivre les chemins

Qui toujours mènent à la mer

Sous la pupille du rocher

Le bleu s’étale en mortes-eaux

 

De cette mer devenue plaine

Extraire le plancton des phrases

Dessiner de nouveaux langages

Sur la toile de l’horizon


vendredi 24 septembre 2021

Equinoxe



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Juste ce monde en haillons

Au pied d’un été tardif

Dans le désordre des courants

L’écume s’embrase de vent

 

Quelques larmes de bleu enfin cousues au ciel

Effilochent ces heures de si peu d’automne

 

Indifférent aux marées

Le chant des foulques ricoche sur le canal

Tel un bateau échoué

La terre brûle ses amarres

 

La vague boîte

De tout ce plastique

Qu’elle charrie

 

Aux doigts du soir naissant

S’étreignent les notes d’un piano

Sur les paupières de l’ombre

L’écho mouillé de ta voix

Apaise les mots noués

A la mine du crayon


dimanche 1 août 2021

Ecchymoses



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(Acrylique sur toile  92x73)


Sur les ecchymoses du jour

Perlent quelques gouttes de ciel

L’onguent du crépuscule

Brode un ourlet pourpre

Aux jupes élimées des vagues


Brindilles de mer

Le souffle du courant

Efface les taches de l’oubli

Sur les visages de l’eau


Toutes les teintes du vent

Accrochées aux ailes des mots

En friselis d’écume

Dansent aux marges des rochers


Le bavardage des algues

En strophes d’ombre et de lumière

Sème les graines des phrases

Au chant muet de nos lèvres


Face aux festins des couleurs

Nous habitons tout à la fois

Le paysage et son reflet

Le brasier montant aux joues de la lune


Dans le silence aiguisé du jusant

Les rouges gorges des braises du couchant

En rayons brûlants pénètrent lentement

Le ventre humide de l’océan



dimanche 20 juin 2021

Summer


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Creuser cette vague assise sur le rocher

Cueillir l’encre du soir au confluent des marées

Un ruisseau d’ocres abreuve le couchant

L’été s’étend sur les cendres du printemps

 

Sur les bleus de l’écriture

S’évadent des marges de confettis

Au chapitre des souffleurs de vertiges

Clouer des nuées de lumière

Aux fenêtres rayées du cahier

Des rideaux d’embruns embaumés de verbe

 

Aux mots étourdis offrir des nidations de papier

Même si les forêts d’orage valsevoltent

A la couture des filets de pluie

S’ouvrent des bouquets de voyelles

 

Un liseré mauve brode les flancs du crépuscule

L’horizon de ton corps avec tous ses poèmes

S’enveloppe dans la crinière du vent de mer

Le chant de l’oiseau t’enrobe en sonnailles joyeuses

Dévorer ta source en un baiser de lune

Juste avant que le plaisir ne vienne ébrouer ton ventre

 

A la lisière de l’île là où déborde la nuit

Au dévers de tes reins se découvrent

Le hâle sur ta peau dans l’incandescence de l’ombre

La grâce de tes seins au bivouac de l’instant


 

samedi 22 mai 2021

Opéra



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(Acrylique sur toile 41 x 33)


Nuit de terre balayée par la vague

Quelques étoiles

Creusent des encoches sur la pénombre

 

Sur les lèvres d’un arc-en-ciel

Sur les poussières d’un chant de ciel

Une mantille battant la brume

Sous la moiteur de l’étoffe

Sous le satin d’une jambe nue

Broder nos souffles sur la nuit

 

Les dunes s’arrondissent sous les baisers du vent

La lune a oublié de nous livrer le printemps

Les épines de froid saignent le soleil

Au couchant quand s’endort l'horizon

 

Renouer ces larmes de mer

Où s’abreuvent les migrateurs

Les nuages se drapent de rose

Sur les rochers découverts

Tintent les ruisseaux de sel

 

Dans ce désir que le monde bouge

Je t’évade aux fenêtres ouvertes

Je t’emporte aux planches d’une scène

Ton grain de peau sur le grain du papier

 

Au vacillement des marées

Toutes les notes de ton corps

Chantent aux marges de mes mots

Un opéra de lumière


jeudi 6 mai 2021

Mai



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(Acrylique sur toile (92 x 73)


Allez viens

Partager ce moment où le ciel touche terre

Juste avant de doucement s’éteindre

Pour la soif de nos prunelles

Ne restent que rares lueurs au brasier de la mer

Déshabillée de ses parures d’ocres et de rouges

Le vent du soir souffle des silences sur nos épaules

Apaise la cicatrice de l’horizon

 

La chanson des mains

La conque de tes hanches

La soie de tes jambes

A la coda des mois de mai

 

Au canevas des souvenirs

L’aiguille aiguise une histoire

 

D’abord l’écran des écrits

Plus tard nos voix mouillées de questions

De tant de chemins tracés du bout des doigts

Au givre des fenêtres noyées d’hiver

Nous avons construit le rêve d’une route

Dans l’euphorie des cerisiers

Afin que la distance s’efface

Et qu’enfin s’enivrent

Les regards et les murmures

 

Apprivoiser l’instant au livre des courtes heures

Dans l’oscillation de la digue renaître à la lumière

Un préambule de peau comme un premier chapitre

Notre barque en dérive semant d’encre la jetée

Tant de mots dévorés pour une première page

Aux abords de la rive le souffle coupé

Le virevolte de nos vies sous les yeux de mai

 

Nouer dénouer les lignes sur la feuille

Du nectar de ce premier voyage faire source

Pour la curiosité des doigts à glisser sous l’étreinte

Il me reste tant à lire

Sur l’île de ton ventre


dimanche 18 avril 2021

Cavatine



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Comme l’eau d’une rivière

Les mots me traversent m’empoignent

Roulent de mon souffle à la feuille

Fanchons coupant les brumes

Quand le soir s’étend sur les cendres de l’horizon

 

Le crépuscule dévore la mer

Le ciel galope vers les étoiles

Un refrain d’écume

Epouse la danse des rochers

 

La balafre noire qui ceint des hanches

Incendie l’ourlet du chenal

La soie du printemps

S’effile au vent du nord

Dans la ramure des lunes d’avril

 

Au cœur du grand arroi de nuages

S’épand une déchirure de lumière

Au sanglot des marées s’ouvre

L’intime couture de ta vague


samedi 10 avril 2021

Bourgeons



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Tu sais

Quand les mots s’éparpillent sur la toile

Que mes marges sont floues

Le soleil revient

Sur une autre page du carnet

 

A la frange des heures

J’arpente les lignes

Dans les bras du vent

Entends-tu le chant des oiseaux

Au soir assis sur l’horizon

La lune caresse le rocher

 

Dans la froissure des draps

L’empreinte d’un rêve en allé

Sur les épaules de l’aube à peine née

Le rouge-gorge chante déjà


vendredi 12 mars 2021

Berges



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En chaque pas de mer

Avance l’éveil d’un souvenir

Pour l’appétit des mots

 

En chaque pas de mer

Il faut s’abreuver

A l’insolence des marées

 

Revenir

Plus encore imprégné de mots

Epeler les couleurs du silence

 

Dans la brisure d’un rêve

Un éclat de mémoire

Deux pièces d’étoffe blanche sur ta peau brune

Un chagrin du temps à jamais évanescent

Pour la soif des paupières

 

Double croche sur la portée

Des musiques remontent nos mémoires

Comme un fleuve

Dont les rives se seraient éloignées

 

Images surgies

Des flocons de l’écume

Fulgurances légères

Un feulement d’ailes sur le silence de la toile

Ta voix résonne parfois au dos de mes couleurs

Portes ouvertes au verso des années

 

Poésie ce refrain de ciel à la vague des heures de jeunesse

Dans l’oblique d’une vie à inventer

Sentier nu qui sera le parchemin où j’écrirai

 

Parce que le corps s’est avancé et le pas devenu si léger au sablier des paupières

L’encre dévore le papier

Après la dérive des années creuses

Est venue celle qui habille mes battements de cœur

 

Elle est venue

M’évader du temps qui s’efface

Repousser les berges des pages à noircir sans fin

Se blottir dans la conque du poème

Fardée de perles de mémoire

 

Le couteau sur le lin

Aiguise les pigments

Et dans l’errance des mélanges

Réveille les souvenirs


mardi 9 mars 2021

Brasiers



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Acrylique sur toile 50x70



Le soir descend et c'est encore l'hiver
Juste un élan de froid qui brûle au revers d'une larme
Le rêve habité d'un instant imaginaire
Juste une toile et tu me prêterais ton épaule

Tu es de ces empreintes que l'on garde
Ces marques infidèles mais précieuses
Estampille frêle sur l’étang de la mémoire
Que seul mon pinceau apprivoise parfois
Sur l’aube des frontières à effacer
Au filigrane du temps qui oublie d’oublier

Je me souviens de l’éclat d’un printemps
Niché sous les plis de ta jupe noire
Je me souviens de l’essence d’un printemps
De ta nuque par l’emprise du soleil effleurée

Déjà nous parlions les langues de la mer
Douce élégie habillée de chants d’oiseaux
Un seul vol un seul pas fragile mouvement
Tremblante migration des peaux vers le toucher

Encrer l'instant au nuancier du silence
Les mains noyées de braises
Un friselis à l’épissure des souffles
Ligne de fuite drapée de brume

Houle la rondeur des mots
Tissés sur la soif des sens
Chavire la vague de tes hanches
S’ouvre le ciel au ruisseau de ton ventre


mercredi 3 mars 2021

Cadence



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(acrylique sur carton entoilé 24x35)



Allez viens
Là-bas
Partager l’asile de nos regards

Dans une douce frange du temps plonger
Vers cette nouvelle saison avide de lumière
Incises d’écume ouvertes sur le flanc des vagues
La cantilène des oiseaux de mer délaye la farine des brumes
Les nuages décousent leurs racines
Tout au cœur du bleu
Le vent ne siffle plus
Son souffle se fait danse
Pour ces essaims de vert aux cimes des futaies

Allez viens
Là-bas
Le ciel porte la mer vers nos bras

Mains lavées de lumière
Bondir par-dessus le soir
Tirant sur la corde du jour
Dans l’illusion de voir s’élever la nuit

A perte de sable nouer nos pas d’argile
J’ai ta fièvre en abîme, le pinceau à ta proue
A l’orée des désirs le ballet des marées
Le nu de ta peau au lit de la mer

 

dimanche 7 février 2021

Incendie



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Dans l’abstraction des jours
Dénouer les mailles de ce ciel de coton
Déposer sur le paysage les derniers effluves d’un rêve

Juste le temps d’ouvrir les yeux
Juste le temps de regarder la mer
Juste le temps d’un soleil d’hiver
Ta main multiplie la mienne

Je me souviens
J’ai aimé dès cet instant la rumeur de ton pas sur le sable
T'emmener là au creux de la cédille
Au balbutiement des heures
Naviguer sur ce crépuscule qui s’éteint au basculement de la marée

Viens

Viens danser sur mes paupières
Je veux encore tes jambes découvertes
Ta peau nue à deviner à chaque marche de pierre
Je veux boire l'écume de ton détroit
Au calice des voyelles sur les épaules d'un poème

Viens

Vaciller nos regards au réveil des oiseaux
Au bourgeon de ton sein la huppe du vanneau
J’empreinte ta peau sur mes chemins sans rimes
J’arpente ton souffle des lèvres à la cyme

Les rives du printemps sont en approche
Le remous des saisons sur le courant
Conte l’audace des ricochets
Le tumulte des nues se déshabille de vent


vendredi 29 janvier 2021

Nowhere



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Juste ce sentier porteur de lumière
Dans le désert de ces heures effarées
Vers le couchant cette nuit aux aguets
Son échine douce qui serpente aux reins du chaos

Dans les battements du silence
Des rives de couleurs irriguent l’horizon
Tournoient jaillissent éploient leurs écharpes
Sur les épaules blanches du vent

Sous les échardes hypnotiques des étoiles
Plonger au profond des gris glissant vers la clarté
Fulgurantes rafales salines
Le sable feule sous les pas

Festons de nuages tendus sur l'éther
Brodés de pourpre sur le chemin des ombres
La houle déchire l’enclos des brisants
La brise pousse ton esquif vers ma berge

Les vagues chaloupent et du rocher font l’entour
Pour mieux apprendre du ciel sa conjugaison des bleus
Au revers du paysage s’allonger dans les destins des marées
Nous n’avons de rivage que nos regards
Et nos hanches soudées qui accostent au jusant

samedi 23 janvier 2021

Amarres



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Tu sais
Ces jours d’hiver quand le gris semble couler du profond des regards
Le ciel délavé tient lieu de toile vierge
Quelques couleurs pour faire danser les bateaux
Les semailles de frissons couvrent la peau de la mer

Tes gestes se délient
Sur la lumière de janvier
La vague épelle les heures
Sur l’écume de tes hanches

Poser les mots là
Sous les plumes de l’aigrette
Frisure du vent sur le sable
Un pâle soleil pétrit les nuances du couchant


Plage froissée de lambeaux de brume sous les bouquets d’embruns
Un nouveau jour s’efface sous les épaules de l’horizon
Ne reste qu’un chiffon d’azur sombre et le ventre blanc de l’oiseau
Ta peau nue qui m’évade à contre-nuit


Tu sais
Quand les mots de ton regard viennent rejoindre la robe du papier
J'arrime mes souffles aux marées de tes lèvres
J'ai des voix en écho qui conjuguent mes marges
J'explore mes errances et les habille de soie
Un torrent de lune vient maquiller mes nuits
Un tendre éclat de toi se pose entre lettres et pinceaux
Mes chemins trottinent aux crêtes des nuages
Vers l'infini d'une source à naître sous l'archet de nos dérives

dimanche 3 janvier 2021

Clouds



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Viens
Là-bas se lève un autre jour
Au-delà de l’hiver
Baigné d’une autre lumière
Allégé des chagrins d’hier

Sous la caresse d’un regard
Le pont ouvre ses arches au chant de la mer
Les fanons d’écume faseyent sous le vent
Je peins mes silences sur la toile du ciel

Juste réveiller l’incandescence des souffles
Sur la danse trouble des marées
Rêver le rouge aux hanches du couchant
Et la lande nue ponctuée de moutons

Les doigts dénouent les lettres
Le parfum du mot referme la plaie

Tout au bout du jour
Reviendront-ils les absents de l’errance
Reviendront-ils sur nos chemins de papillons

La mer ne veut pas finir
L’autour doucement s’étire
Sous mes mains la vague de ton ventre

Tu sais
Parce que la lune s’est emparée de nos ombres inclinées
J’ai de ton regard embrassé toutes les brumes

La plage est plus blanche que le soleil
Le chant de la houle ondoie
Au loin battent les tambours de cette marée qui tangue
Dans cet endroit nu où les oiseaux appellent la mer


dimanche 6 décembre 2020

Voltige


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Demain,

Il faudra la saveur crépitante des colères de lune, le souffle des lumières qui se noient à l'envers, les courses muettes des rues sous les pieds et aussi la mer au près, les dunes sans ponctuation, et le bleu partout.

Retrouver l'horizon oublié au vent qui déshabille tes jambes, sous le soleil râpeux d'un réverbère bandé d'étoiles.

Frimas, croire que l’on ne s’y habitue pas et qu’il nous reste quand même une petite île quelque part. Ces liens dans ma marge, des lettres, des lignes et de l’encre.

Si la feuille a tout dit, que racontent les racines de tes fleurs dans la nuit?

Il me suffit sur tes lèvres assoiffées d’être goutte d’eau.

Suivre tes pas, car au bout de la rue s'ouvre le ciel.

 

Sur les déchirures du temps qui s'enfuit, j’accroche des couleurs sur les virgules des saisons. Mais novembre est passé, et les bleus se sont teintés de gris aux rives de nos jours brumeux.

Vers la mer, sentier de folles herbes et la danse de ton pas ; sans autre poids que celui de nos sacs emplis de nos mots, de nos chagrins, nous marchons vers le chant des marées.  Nous avons tout à apprendre de la mer immense et des tourbillons d’écume.

J’écris comme quand les nuits s’amoncellent au dos des collines mouvantes de cette mer qui nous étreint.

Marchant à mes côtés, à la marge de chapitres, tu es celle qui écoute, qui éponge les peines, ton chant de jeunesse aux rides de mes mains pioche les peines aux poches de nos manteaux pour les éparpiller au vent d’hiver.

 

Dans le tumulte des mains, il reste à dénouer les arpèges d’horizon, à éplucher l’écorce des mots sous la valse lente de tes hanches. Le brouillard ne dit rien des rivages oubliés. Les couleurs tournent la page, au loin, au-delà des errances, sur l’imaginaire sentier de nos embruns salés.


vendredi 30 octobre 2020

Sémaphore



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Billes de pluie
Sur les feuilles teintées d’automne
Mascaret d’émotions
Sur la vague des vents

Une échancrure de lum